SOURCE: Vacation Tracker TITLE: Jour férié légal (statutory holiday) : indemnité, règles et droits URL: https://vacationtracker.io/fr/glossaire/jour-ferie-legal/ LANG: fr PUBLISHED: 2026-10-15 UPDATED: 2026-10-16 SUMMARY: Ce qu'est un jour férié légal (statutory holiday), comment son indemnité est calculée, quand la majoration s'applique et la règle d'admissibilité qui fait perdre l'indemnité. # Jour férié légal (statutory holiday) : indemnité, règles et droits Un jour férié légal (statutory holiday, abrégé en « stat holiday » ou simplement « stat ») est un jour férié auquel le droit du travail attache un droit légal. Le terme est canadien, et c’est ce droit qui le distingue. Cela compte plus qu’il n’y paraît, car les jours équivalents aux États-Unis et au Royaume-Uni n’ouvrent aucun droit de ce type. Voir aussi Congé pour jour férié (https://vacationtracker.io/fr/glossaire/conge-pour-jour-ferie/) ### C’est un droit, pas une date Un jour férié fédéral américain ou un bank holiday britannique désigne une date. Les banques et les administrations ferment ; les employeurs privés font comme ils l’entendent, et le fait que le personnel ait ce jour, soit payé ou touche quelque chose pour avoir travaillé relève du contrat. Un jour férié légal crée trois obligations distinctes : - un jour de congé le jour férié - une indemnité de jour férié pour ce jour, calculée selon une formule réglementaire - une majoration ou un jour de remplacement si l’employé travaille ce jour-là Un employeur ne peut pas remplir la première et ignorer les autres, et c’est sur la deuxième que se commettent la plupart des erreurs. ### Canada Les employeurs sous réglementation fédérale (banques, compagnies aériennes, télécommunications, transport interprovincial) appliquent le Code canadien du travail, qui fixe 10 jours fériés. Toute personne tenue de travailler l’un de ces jours doit être payée au moins une fois et demie son taux normal, en plus de l’indemnité de jour férié. Les cadres et les professionnels perçoivent plutôt leur taux normal et un jour férié payé de remplacement. L’Ontario compte 9 jours fériés selon la Loi sur les normes d’emploi, avec une majoration d’une fois et demie pour les heures travaillées l’un de ces jours. Un jour de remplacement doit être fixé dans les trois mois (douze si l’employé l’accepte par écrit), et un avis écrit doit l’indiquer avant le jour férié. Le Québec en compte 8, dont la Fête nationale du 24 juin, qui concerne presque tous les travailleurs. Une particularité : le jour férié du printemps est le Vendredi saint ou le lundi de Pâques, au choix de l’employeur, et non les deux. Les autres provinces et territoires en comptent d’environ six à treize, chacun avec sa propre liste, plusieurs ayant des jours fériés que personne d’autre n’observe : Islander Day, Louis Riel Day, Nunavut Day. Un employeur national gère une douzaine de calendriers de jours fériés, pas un seul. ### Comment l’indemnité de jour férié est réellement calculée C’est là que les employeurs se trompent. L’indemnité de jour férié n’est en général pas « une journée de salaire normale ». Au niveau fédéral, en Ontario et au Québec, elle correspond à un vingtième du salaire gagné au cours des quatre semaines précédant la semaine du jour férié : une formule, pas un poste de travail. Le raisonnement est logique : vingt jours ouvrables en quatre semaines, donc un vingtième représente une journée moyenne. Pour un salarié à temps plein aux horaires stables, cela correspond à peu près à une journée de salaire. Pour le personnel à temps partiel, à horaires variables ou saisonnier, le calcul se proratise automatiquement, et c’est tout l’intérêt. Payez à tout le monde « une journée de salaire » et vous surpayerez certains et sous-payerez d’autres ; ce sont les sous-paiements qui génèrent les plaintes. Les éléments inclus diffèrent : l’Ontario compte le salaire normal plus l’indemnité de vacances payable pendant ces quatre semaines, le Québec inclut les pourboires mais exclut les heures supplémentaires. Il y a ensuite la règle d’admissibilité, le point le plus contesté. La règle du dernier et du premier jour de l’Ontario prévoit qu’un employé perd l’indemnité de jour férié s’il ne travaille pas, sans motif raisonnable, son dernier jour de travail prévu avant le jour férié ou son premier jour prévu après, et il ne s’agit pas forcément des jours qui l’encadrent immédiatement. Le Québec applique un critère comparable. Les employés supposent que l’indemnité est automatique. Elle l’est en général, sauf s’ils ne se présentent pas avant ou après. ### En dehors du Canada Aux États-Unis, le terme n’est guère utilisé : les jours fériés fédéraux s’imposent aux employés fédéraux, et les employeurs privés ne doivent rien. Au Royaume-Uni et en Irlande, les jours équivalents sont des bank holidays ou des jours fériés publics : l’Irlande y attache un droit, pas le Royaume-Uni, où ils peuvent être comptés dans les 5,6 semaines de congés annuels légaux. Voir aussi Bank holiday (jour férié bancaire) (https://vacationtracker.io/fr/glossaire/jour-ferie-bancaire/)